Retourner
la flèche de l’attention :
Être conscient d’être conscient ; Ramenez le regard
à la source de l'esprit
compilation de textes choisis afin d’appliquer le "retournement de la conscience"
Comment
percevoir notre vraie nature ?
Cela qui perçoit est notre vraie nature.
Hui Hai
Tourne
ton visage vers ton propre visage.
Il n’y a personne que toi-même.
Rûmi
Au lieu de diriger la conscience vers l'extérieur ou l'intérieur, tournez-la vers elle-même et découvrez que vous êtes la Conscience même.
Michaël Szype
Soyez le thème même de votre méditation.
Nisargadatta Maharaj
Retourner le regard vers sa source... C'est un regard impersonnel.
Le retour propose un mouvement inverse, une conversion du regard, un virage à cent-quatre-vingts degrés, une nage à contre-courant vers l'abîme d'où surgit la naissance, une soif irrésistible de la source originelle qui déjà augure des retrouvailles. Inlassablement revenir, revenir à la maison. Le récit du retour est celui de l'enfant prodigue.
Jacques Goorma

Montrez-vous vous même du doigt et observez !
Ramana Maharshi
Voici une autre instruction essentielle, tirée de l'Istopadesha (tradition Indienne advaita) :
Regardes
ce grâce à quoi tu regardes.
Si tu vois cela,
Tu vois tout.
Concentrez votre pensée sur Cela qui voit

Ramana Maharshi
Question
d'un disciple :
Quel type de méditation pourrait m'être utile ?
Ramana
Maharshi :
Les méditations sur des objets ne servent à rien.
Vous devez apprendre à voir que sujet et objet ne font qu'un. En méditant
sur un objet, concret ou abstrait, vous détruisez l'impression d'unité
et créez la dualité.
Méditez sur ce que vous êtes en réalité... vous découvrirez...
Le
disciple :
Quoi ?
Ramana
Maharshi :
C'est à vous de le découvrir. Cela se révélera.
Accrochez-vous à cette révélation.
Tournez votre attention vers le sujet qui perçoit.
Il est la source de votre "je".
Réalisez cela, c'est la tâche qu'il faut accomplir.
Découvrez la réalité que représente ce mot "je".
Découvrez l'entité qui est la source du mot "je".
C'est le Soi, le Soi de tous les soi."
Ne fixez pas votre attention sur toutes ces choses de la vie qui ne cessent
de changer, ni sur la mort et les phénomènes.
Ne pensez même pas à l'acte de voir qui vous fait percevoir ces
choses, mais seulement à cela qui voit toutes ces choses, cela à
qui l'on doit toutes ces choses.
Au début, cela semblera presque impossible, mais les résultats
se feront sentir progressivement.
Cela demande des années de pratique quotidienne, mais c'est ainsi que
l'on devient un maître.
Chaque jour, pendant un quart d'heure les yeux ouverts, essayer
de garder l'esprit fixé sur Cela qui voit.
Il est en vous.
Ne vous attendez pas à ce que "Cela" soit quelque chose de
bien précis sur lequel le mental peut se fixer facilement.
Il faut des années pour trouver ce "Cela", mais les résultats
de cette concentration seront apparents en l'espace de quatre à cinq
mois : paix de l'esprit, pouvoir de faire face aux ennuis, clairvoyance inconsciente.
Je vous ai donné cet enseignement comme les Maîtres le donnent
à leurs disciples intimes.
A partir de maintenant, pendant la méditation, concentrez
votre pensée non pas sur l'acte de voir ni sur ce que vous voyez, mais
sur Cela qui voit.
≈≈≈≈≈≈≈
Qui peut être conscient d'être conscient si ce n'est la conscience elle-même ? Existe-t-il une autre entité ? La conscience est là, elle est toujours consciente d'elle-même, le seul ennui est que cette conscience se soit identifiée au corps !
Nisargadatta Maharaj
Regarde “celui” qui regarde !
Un grand maître de méditation dzogchen donna une de ses photos dédicacée à un disciple. Celle-ci comportait l'instruction essentielle suivante :

Regarde
cette photo,
Puis regarde ton esprit,
Regarde celui qui regarde.
Si tu vois cela, tu es le vainqueur.
Dudjom Rinpoche
Et dès
que vous tournez votre regard nu sur vous-même,
Ce regard qui n'a rien à voir débouche sur la clarté,
La Présence dans son évidence, nue et vive...
Méthode vivante du retournement de la lumière

Tiré
du classique Taoiste Le Secret de la Fleur d’Or
1. Point n'est besoin d'abandonner vos occupations ordinaires tandis que vous
pratiquez le retournement de la lumière. Comme disait un ancien : «
Quand des situations se présentent, il faut réagir. Quand des
choses se présentent, il faut discerner. »
2. Si vous gérez vos occupations avec une vigilance précise, la lumière ne sera pas submergée par les choses. Aussi convient-il de répéter maintes fois ce retournement « sans forme » de la lumière.
3. Si vous pouvez inlassablement « ramener le regard » à la source de l'esprit, quoi que vous fassiez alors et sans vous attacher à la moindre image d'une « personne » ou d'un « soi », ce sera le « retournement de la lumière où que l'on soit ». C'est la meilleure des pratiques.
4.
Si vous pouvez passer une ou deux heures tranquille à méditer,
tôt le matin, l'esprit dégagé de tout objet, voilà
ce qu'il y a de mieux. Quand vous êtes occupé par votre travail
ou par des rapports avec les autres, recourez à la technique du «
ramener le regard » et il n'y aura pas d'interruption [de votre pratique].
Si vous pratiquez ainsi pendant deux ou trois mois, nul doute que les grands
éveillés du Ciel confirmeront votre expérience.
Retourner la conscience sur elle-même

Un
passage du fameux Fukanzazengi
nous semble particulièrement intéressant dans la mesure où
il rectifie un point important. Dogen nous dit en effet qu’il faut «
apprendre l’introspection qui dirige la lumière
vers l’intérieur, pour illuminer notre vraie nature. Le corps et
l’âme d’eux-mêmes s’estomperont, et notre visage
originel se révélera».
Qu’est-ce que cette introspection qui dirige ou retourne la lumière
vers l’intérieur pour illuminer notre vraie nature ? Il s’agit
simplement de retourner la conscience sur elle-même,
soit d’observer l’observateur. Contrairement
à ce qui est souvent enseigné, il ne faut ni se concentrer sur
la posture, ni sur la respiration, ni même observer les pensées,
mais uniquement prendre conscience de notre propre conscience.
Ainsi, nous nous établissons dans la nature de l'esprit que Dogen nomme
Hishiryo. Hishiryo n’est autre que notre conscience consciente
d’elle-même dans laquelle pensées et absence de pensées
prennent place. Comme elle n’est pas affectée par les pensées,
nous pouvons les laisser s’écouler librement sans que leur mouvement
n’affecte notre état contemplatif.
En pratiquant le retournement de la conscience sur elle-même, notre vraie
nature (visage originel) se révèle d'elle-même, car l'essence
de l’esprit est à la source de la conscience ordinaire. Avec un
peu de pratique, notre corps et nos pensées sont perçus comme
irréels, flottant comme des hologrammes dans l’espace de la conscience
vide et radieuse.
Ce dépouillement du corps et de l'esprit par le retour de la lumière
n'est autre que la voie directe du Zen qui pointe directement vers la nature
de l'esprit pour s'éveiller et accomplir la voie du Bouddha.
Comme Hishiryo est notre état naturel lorsque l’on renonce
à tout effort, il n’y a rien à faire. Il faut juste s’asseoir
(Shikantaza). Comme cette non-pratique ne fait que clarifier notre
nature originelle voilée par les cinq skandhas, l’éveil
n’est pas une finalité à atteindre pour Dogen, mais le dévoilement
de notre nature de Bouddha.
Texte tiré du blog "Un Vide Insondable", qui a malheureusement fermé.
Vous devez en conséquence abandonner une pratique fondée sur la compréhension intellectuelle, courant après les mots et vous en tenant à la lettre. Vous devez apprendre le demi-tour qui dirige la lumière vers l’intérieur pour illuminer votre véritable nature. Le corps et l’âme d’eux-mêmes s’effaceront, et votre visage originel apparaîtra. Si vous voulez atteindre l’Éveil, vous devez pratiquer l’Éveil sans tarder.
La nature de l'esprit, claire et vide, est naturellement limpide. Quand l'esprit regarde l'esprit, toutes les apparences arrivent à leur terme. Repose en cet état où il n'y a rien à voir - ni sujet, ni objet. Tel est l'abîme de la nature de l'esprit en lequel l'objet à méditer est libéré en pure présence.
L'essence du coeur
Retourner la conscience vers l'attention elle-même

C'est quelque chose de très immédiat. Je vous demande de diriger votre attention au centre de votre attention, loin de perceptions sensorielles, pas même de porter votre attention sur quoi que ce soit. Ce que je vous demande de faire, c'est de mettre toute votre attention sur le fait que vous êtes conscient. On pourrait dire que la conscience se retourne vers l’attention elle-même. Donc, la conscience, ce qui auparavant était placée sur les perceptions des sens, se retourne maintenant. Et la conscience, qui avant était occupée par toutes sortes de choses, y compris les pensées – qui sont aussi des choses - la conscience se retourne vers elle-même et réalise l’état de présence… Cette présence non-manifestée et éternelle qui est à la base de l'expérience que vous faites actuellement.
Se tenir derrière les yeux !

Denis Marie
Voici les conseils d'un ami, Denis Marie, qui se trouve établi dans cette condition d'éveil depuis maintenant plusieurs années, sans que celle-ci ne l'ait plus quittée :
Parfois,
je dis aux gens de se tenir derrière leurs yeux.
Être juste là, derrière, comme s’il s’agissait
de fenêtres. Cela permet de couper court au mental et de “Voir”,
d’être très directement en relation avec tout “ce qui
Est”. On pourrait dire “habiter” son regard. J’appelle
cela vivre en “live”, ou encore, s’immerger dans le Vivant.
Je vous invite à le faire, à y revenir et à vous en souvenir,
sans créer de tension. Le plus souvent, nous recherchons cette Vie, cette
“intensité” par des artifices et des voies détournées.
Cependant, nous finissons toujours par “dessoûler” et cela
nous rend frustrés et insatisfaits. D’où l’importance
de ne pas compenser, de ne pas user d’expédients. Nous ne puisons
pas seulement notre nourriture dans le terrestre, mais aussi dans le céleste.
Dans un “contact” et une adhésion à l’Ouverture,
où s’actualise le battement du renouveau.
Tiré du Journal de l'éveil ordinaire de Denis Marie.
En
résumé, lorsque vous êtes en méditation, ou impliqués
dans les activités de la vie quotidienne, plutôt que de batailler
avec vos "pensées", retournez l'attention vers elle-même
et regardez directement celui/celle, cela en vous, qui pense ! Le point n'est
pas qu'il y ait ou non des pensées, mais de demeurer dans un état
de clarté intérieure et de présence-conscience (à
ce qui est).
Lorsque vous portez votre regard, revenez à cela en vous qui voit. Lorsque
vous percevez un son, plutôt que de vous perdre dans le son entendu, prêtez
attention à cela, cet espace d'accueil en vous, qui entend. Si vous avez
un ressenti particulier, plutôt que d'être distrait par
cette sensation, revenez immédiatement, au moment même où
la sensation apparaît, à ce "centre de conscience" toujours
présent et disponible, d'où elle s'élève. "Attrapez-vous
vous-même", enseignait un maître tibétain !
Ainsi, quelles que soient les expériences qui se manifestent, il est possible, d'instant en instant, et pour chacun d'entre nous, de revenir à cette conscience-miroir qui perçoit, évitant ainsi de se perdre dans le contenu des expériences elles-mêmes.
Quelles que soient les circonstances et votre condition mentale, vous saurez alors toujours rester présents à vous-même, retrouvant cet espace et cette immobilité intérieure.
Portez
votre regard très loin, mais sur aucun objet en particulier.
Entendez naturellement, mais n’écoutez rien en particulier.
Acceptez tout ce que vous sentez, mais ne prêtez attention à aucune
sensation.
Laissez votre conscience s’absorber complètement dans l’océan
illimité de la tranquillité.
Michio Kushi
Être dans le "Je Suis"

Sans questions, sans effort, "être conscient d'être conscient".
Vous
vous asseyez et vous demandez : "qui suis-je ?".
Vous n'êtes pas supposé répondre à cette question.
Vous laissez un blanc après la question.
Dans ce blanc, dans cet espace vide,
si cette pratique fonctionne comme elle devrait,
vous expérimentez soudainement un sentiment de Présence
qui n'a rien à voir avec votre processus de pensées.
Votre propre sentiment d'une Présence consciente.
Vous étant...
Eckhart Tolle

Seuls
ceux qui sont capables de voir leur vrai visage sans un miroir, seront capables
de voir leur vraie nature.
Quelle
sorte de vision est-ce là ?
Voir
sans le miroir est voir non pas avec des yeux qui voient des objets mais en
tant que CELA qui voit,
c'est
l'introspection ou inspection de la conscience par elle-même, là
où il n'y a personne qui regarde.
Voir vraiment n’est pas seulement un changement dans la direction de la
vision,
mais
un changement en son centre même, dans lequel le voyant lui-même
disparaît.
Pour que l’illumination ait lieu le percevant doit juste se retourner
et
s’éveiller au fait qu’il est "face à face"
avec sa propre nature – qu’ IL EST CELA.
Ramesh Balsekar
Le retournement de l'attention selon Plotin
Le retournement
de l'attention est la clef et le coeur de tout enseignement spirituel.
Voilà ce qu'il faut faire : ramener la conscience à sa propre
source.
"Mais regardant vers l'extérieur dans la direction opposée à celle de l'origine à laquelle nous sommes suspendus, nous ignorons que nous sommes un, comme des visages tournés vers l'extérieur qui à l'intérieur se rattacheraient à un sommet unique. Mais si quelqu'un pouvait se retourner, soit spontanément soit parce qu'il aurait la chance d'avoir les cheveux tirés en arrière par Athéna, il verrait Dieu, et lui-même et le Tout"
Plotin, Ennéades, extrait de Éveil et philosophie
Vu sur le blog de José Le Roy