Trouvé sur : http://www.semdrel.org/page/refdeuil1.htm
Le territoire de l'ego
• La sagesse, un potentiel
Nous avons tous en nous un immense potentiel de sagesse (la nature de bouddha)
; notre esprit n'est limité ni entravé par quoi que ce soit, il
est comparable à l'espace, à un ciel sans nuage. Cette vaste ouverture
n'est pas un grand vide, mais elle regorge de qualités éveillées
telles que la compassion, la clarté, la précision...
Chaque être est doté de ce potentiel d'éveil, nous sommes
tous des bouddhas en puissance. Toutefois, cette nature est une dimension de
l'esprit à laquelle nous n'avons pas accès pour le moment. La
difficulté de rencontrer ce potentiel vient du fait qu'il n'est pas seulement
une compréhension intellectuelle, une connaissance conceptuelle ; l'éveil
est l'expérience immédiate de la réalité, la reconnaissance
de la nature de l'esprit, de toutes les qualités du corps, de la parole
et de l'esprit dans leur pleine maturité.
• La saisie égoïste
Ne pas reconnaître ces qualités s'appelle l'ignorance. Celle-ci
n'est pas un manque de connaissance, mais un manque de clarté, de lucidité.
Etre dans l'ignorance signifie ne pas expérimenter l'esprit et les phénomènes
tels qu'ils sont. Nous sommes comme voilés, confus. De ce fait, l'esprit
se trompe lui-même et s'identifie à quelque chose de beaucoup plus
étroit que ce qu'il est en réalité : c'est la saisie égoïste.
La saisie égoïste nous amène à croire et à
nous identifier à quelque chose qui n'a pas l'existence qu'on lui donne.
C'est là qu'est le cœur de nos souffrances, la cause de toute l'insatisfaction,
le fondement du samsara. Nous croyons existant ce qui ne l'est pas vraiment.
• Le territoire
A partir de la saisie égoiste, de l'idée de " moi je ",
le monde extérieur est perçu comme attirant ou repoussant. Les
objets, les êtres, les situations de notre environnement viennent confirmer
l'idée que nous avons de nous-même ou bien nous mettent en danger.
Cela se traduit par des émotions.
L'attachement qui permet de solidifier le territoire de l'ego ; nous accumulons
des objets, des relations, des connaissances, un savoir et peut-être même
des pratiques spirituelles qui confirment notre territoire.
A l'inverse, la colère, l'aversion, l'irritation nous permettent d'éviter
ce qui nous met en danger ou nous remet trop en question. Obligés de
rencontrer le territoire des autres, nous nous forgeons une différence
grâce à l'orgueil, et comme nous ne pouvons toujours être
le meilleur, c'est la jalousie qui prend le relais ; nous sommes alors incapable
d'apprécier les autres pour ce qu'ils sont. Tout cela est vécu
dans une grande confusion. Notre relation aux autres et au monde est complètement
colorée par ce cocktail émotionnel. Les émotions, combinées
à un esprit qui saisit sans cesse, génèrent une continuelle
insatisfaction.
Le monde que nous vivons à partir de notre territoire, est un monde de
souffrance. Même les bonheurs que nous rencontrons sont ternis par la
peur de les perdre et la volonté d'en avoir plus. Ce processus nous éloigne
de notre potentiel d 'éveil.
• L'individu
Le territoire de l'ego se cristallise dans un corps. C'est à travers
les cinq sens que nous percevons l'environnement, ils sont nos fenêtres
sur le monde. La parole, elle, nous permet de communiquer, de nommer, de partager
ou séparer ; elle participe largement à la solidification du territoire.
Enfin, l'esprit est celui qui organise l'ensemble. Il est celui qui connaît,
qui perçoit.
Du point de vue de la saisie égoïste, il est confus et sa capacité
à connaître, à reconnaître est limitée. Bref,
un individu dans l'ignorance est un être (fait d'un corps, d'une parole
et d'un esprit) en recherche de bonheur mais qui n'en connaît pas les
causes réelles. Cherchant le bonheur, il crée des causes de souffrance
; c'est en cherchant à fuir la souffrance qu'il la confirme et lui permet
de se déployer.