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L’apprentissage de l’ouverture et de la présence

Les pratiques dites de « méditation » sont nombreuses dans le bouddhisme, et leurs « finalités » très diverses. Le mot « méditation » rend très mal le contenu de ces pratiques, mais il est consacré par l’usage. Nous décrirons ici une technique de base : dans un endroit calme, on prend une posture assise confortable, il est important de garder le dos droit et de ne pas bouger; on est présent à sa respiration ; les yeux sont ouverts, la vision est panoramique sans rien fixer en particulier ; de même, l’écoute est globale : on entend les sons proches, lointains, le silence... ; au niveau du toucher, on sent le contact des vêtements avec le corps, le contact du corps avec son support… Bref, on est présent à l’environnement et incorporé à l’expérience des sens. Par rapport au mental, on voit les contenus mentaux sans les refouler, sans s’y défouler, sans les analyser ; juste en ayant conscience qu’il s’agit de pensées ou d’émotions, on les laisse passer « comme des nuages dans le ciel ». L’homme ordinaire est souvent « emporté » par ses pensées : il ne les reconnaît pas comme des simples pensées et il les vit comme le rêveur vit son rêve ; le méditant sera aussi « pris » par ses pensées mais, avec la pratique, il prendra conscience de son état de distraction et il reviendra à son souffle, à la présence au corps. A cette pratique de « méditation assise », on ajoutera ensuite celle de la « méditation dans l’action » : il s’agira de garder le même état d’ouverture et de présence dans les activités quotidiennes : marcher, réfléchir etc. Il n’y a pas de coupure entre méditation et vie quotidienne.


Cette technique, d’une simplicité radicale, est essentielle car elle permet au pratiquant de déconditionner les mauvaises habitudes de la conscience qui sont à la base de l’illusion du « moi » Le méditant cultive ainsi l’expérience sans la saisie du moi : présence ici et maintenant (sans les projections vers le passé ou le futur) ; ouverture à ce qui est (ouverture à l’autre) sans représentations ni jugements, au-delà de l’attraction/répulsion. Le pratiquant non seulement voit le fonctionnement du mental, il découvre un espace de liberté par rapport aux pensées : alors que d’habitude on les possède (soit par le refoulement où le défoulement, et c’est alors qu’ils nous possèdent) on peut les accueillir de façon neutre et bienveillante, sans lutte ni saisie, sans réactivité ; comme la maison est vide (vide du moi) ces voleurs qui sont les pensées de colère où d’avidité ne peuvent rien emporter. L’eau boueuse se clarifie lorsqu’elle se pose, de même, l’esprit retrouve sa plénitude naturelle par la pratique de la méditation.

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